Ordures !
Journal d’un vidangeur
Simon Paré‐Poupard (LUX)
Rencontre avec Simon Paré‐Poupard
En prologue, Simon Paré‐Poupard avertit ses lectrices et ses lecteurs : « L’univers du déchet s’est révélé à moi comme j’aimerais qu’il se révèle à vous dans ce livre. Par surprise. Un heureux hasard, car j’aime ce travail. En racontant mon histoire, je veux partager ma passion. Je veux sortir de l’oubli les vidangeurs. Rien ne disparaît par magie. Laissons ces illusions aux enfants et rentrons dans le vrai monde. Beau et sale, comme le sont les vidangeurs. »
Vous voilà donc averti.es : vous entrez dans un monde réel insoupçonné, un trip de la poubelle en compagnie de personnages plus ou moins déjantés, intégrés ou non à la société — mais finalement laquelle ? —, bref des marginaux « qui travaillent sur la ligne de crête entre ce que notre société considère propre et ce qu’elle juge sale. »
Irish Travellers
Film de Alexander Murphy (28 octobre 2026)
La famille O’Reilly vit dans une vieille caravane échouée au bord d’une route et proche des champs. Patrick, Lisa et leurs dix enfants traversent les saisons dans ce fragile abri de tôle, héritiers d’un mode de vie en sursis. Menacés d’expulsion, leur équilibre de fortune vacille mais ils résistent, fidèles à leurs traditions. Les enfants jouent, soignent les chevaux, les chiens aboient et l’on se demande combien de temps encore la caravane va‐t‐elle tenir… Mais vivre dans un lotissement, c’est impossible et trouver une maison avec des écuries, il faut de l’argent. Hiver, printemps, été, les gosses chassent les lapins, Patrick est convoqué au tribunal et Lisa est anxieuse, espère une condamnation avec sursis, mais Patrick écope de 6 mois de prison…
Leaving Amerika
Film de Marie‐Pierre Brêtas (28 octobre 2026)
Amerika avec un K c’est en référence aux Black Panthers. « De plus, l’Amérique désigne un continent et non pas un pays. Il me semblait impossible de reprendre ce terme de pur colonialisme étatsunien, « Amérique », sans l’entacher de ce racisme qui le qualifie. « À 50 ans, Derrick décide de quitter son pays pour ne plus avoir à se battre contre un régime ultra libéral raciste. Dans une Amérique au bord du gouffre, il remonte les enchaînements de sa vie, vers ce que veut dire grandir et se construire en tant qu’homme noir dans un système pensé pour écraser. »
La Gravida
Film de Marine Atlan (21 octobre 2026)
Des élèves de première font un voyage à Naples et à Pompéi ; voyage scolaire encadré par deux enseignantes pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. Certaines personnalités se démarquent, notamment Suzanne, qui observe et rêve d’une irruption volcanique et d’un tremblement de terre à Pompéi, qui fait le prologue au vertige qui va saisir le groupe au cours de ce voyage scolaire. Dès le départ, c’est un pannel de jeunes qui illustre différentes classes sociales à travers leurs échanges et les critiques émises à propos du capitalisme, du système éducatif inégalitaire et des difficultés pour obtenir des places en prépa : il y a le bourgeois adepte de l’ordre et du R.N., le jeune de gauche — sa mère travaille au journal Le Monde —, Suzanne, elle, est lucide, mais déterminée pour ses études, Toni dont la grand‐mère a fui en France après le terrible tremblement de terre et les destructions de 1920 pense retrouver des racines. L’un et l’une après l’autre, les élèves sont fasciné.es par l’endroit, par le culte de Dyonisos et les secrets, les histoires, qui finalement les submerge.
Côté D.V.D. BRD
Le Mal n’existe pas
Film de Ryusuke Hamaguchi (10 avril 2024)
Tout le début du film est un pano étourdissant en contre plongée de la cime des arbres qui défilent sans fin, impression de sérénité et de vertige en communion avec la nature. La bande son a une place essentielle dans le film, Hamagushi dit de la compositrice Eiko Ishibashi qu’elle est en fait la co‐auteure du film, et que leur travail réinvente les rapports entre le son, l’image et la narration. Eiko Ishibashi habite la région où se déroule le film et insuffle dans sa musique la force de la nature. Une nature hélas menacée par un plan d’investissement accéléré, mené par une compagnie immobilière, qui vise avant tout des subventions de l’État, limitées dans le temps.
Les Guerres de l’empire américain au Moyen‐Orient
Impérialisme et anti‐impérialisme au XXIe siècle
Gilbert Achcar (éditions la Dispute).