Patrick Lepetit, Voyage au bout de l’abject (rediffusion)
Rediffusion de la rediffusion du 23 décembre 2024
Rediffusion de la rediffusion du 23 décembre 2024
Émission du 13 mars 2017
La science est la seule activité qui tente d’emmener l’humanité vers la pure connaissance en posant le savoir contre l’ignorance et contre l’exploitation de la naïveté. À l’image de Einstein à la coiffure brouillée et aux yeux passionnés, le savant est à la fois asocial et intemporel ! Car enfin, en s’affirmant universelle, la science n’aurait rien à voir avec les idéologies et les idées marchandes. Toutefois si la recherche scientifique est souvent présentée comme un art désintéressé, elle dévoile aussi nombre d’applications discutables et même parfois terribles. La fonction sociale du chercheur ne peut pas se réduire à une vocation pure. Les connaissances sont utilisées dans la médecine, l’agriculture, dans l’industrie, dans l’économie, dans la politique. La science ne se brevette pas, elle se publie. « Elle appartient à l’humanité » disait Marie Curie. Mais les scientifiques sont‐ils si indépendants des marchands ? Combien gagne un chercheur, et que deviennent les sous qui sont utilisés ? Nous sommes sur Radio Libertaire et nous allons goûter cette occasion de vérifier l’étroite dépendance qui réunit science et politique, recherche et économie de marché.
L’émission sera consacrée principalement aux guerres américaines sur les deux continents d’Amérique et également aux guerres américano‐israéliennes au Moyen‐Orient. Notre invitée sera Emmanuelle Grangier, chorégraphe, chercheuse et enseignante, qui crée des dispositifs et des espaces de fusion entre arts, sciences et politique. Sa dernière action artistique dont nous allons discuter ce soir se nomme « Monnaie‐Humanité ». Cette action créée avec le collectif « Gaza‐Humanité » associe capitalisme avec génocide. Comme elle utilise l’hymne national palestinien « Mawtini », nous l’entendrons lors de notre deuxième pose musicale chanté par les lycéennes et lycéens de Gaza. Je vous invite d’ailleurs à regarder la vidéo extrêmement émouvante de cet enregistrement :
https://www.youtube.com/watch?v=8lvM2tfOdnM
En partant de la récente assemblée des Nations‐Unies et du discours de Netanyahu, nous verrons comment Israël continue la destruction méthodique de Gaza et du Sud Liban. Nous analyserons son attaque des pays qui le condamneraient en public, mais le soutiendraient en secret, incluant la France, mais aussi les timides actions des gouvernements européens pour faire pression sur son gouvernement tout en signant de nouveaux contrats d’armement.
Nous passerons ensuite en Arabie Saoudite, qui n’exclut pas de développer des armes nucléaires grâce au programme récemment signé avec les États‐Unis et qui bénéficie de contrats d’armement similaires avec les États‐Unis et les pays européens.
Nous verrons comment les États‐Unis étendent leurs interférences dans les médias étrangers et dans les élections de pays européens, alors même qu’ils coupent tous les programmes sociaux spécifiquement liés aux immigrants pour lesquels la Cour Suprême vient encore une fois d’autoriser l’administration Trump de déporter dans n’importe quel pays.
Notre dossier ce soir sera consacré à la fortune amassée par Jared Kushner, le gendre de Trump grâce aux guerres de son beau‐père et à ses investissements dans les sociétés d’armement israéliennes, alors qu’il est lui‐même l’envoyé spécial du gouvernement pour négocier la fin de ces guerres au Moyen‐Orient.
Outre l’hymne palestinien, nous écouterons « Words, Words, Words » de Léo Ferré, qui nous explique comment l’art et les mots peuvent devenir des armes, ce qui est la démarche de notre invité.
Les technologies, le capitalisme, les actualités nous maintiennent dans un état d’hypnose, de léthargie, de sidération, Tout semble fait pour que nous vivions dans un présent permanent. Mais comment retenir les leçons du passé quand nous n’en cultivons plus la mémoire ? Comment imaginer un avenir meilleur si nous sommes incapables de nous projeter au‐delà du prochain mois, de la prochaine semaine, de la prochaine minute ?
En s’appuyant notamment sur le film Memento réalisé en 2000 par Christopher Nolan, l’équipe d’En panne de sens se penche sur cette étrange maladie contemporaine qu’est le « présentisme », telle que l’a diagnostiquée l’historien François Hartog.
Sébastien Crépinior et l’équipe d’Indézine reçoivent :
Thesaintcyr Nuit Sauvage en écoute
Un sépcial 45 ans de radio libertaire les 7 & 8 novembre dans la Salle Olympe de gouges avec entre autres Thesaintcyr Curtain Yan Pechin 2 Jean‐Pierre Morgand Les Avions musique :Vesper Shade
Focus sur le QG 103 Oberkampf avec un Chris Theps en live session avant son live le 24/11 avec MF VELASQUEZ
Le tout avec les belles chroniques de la Team
On terminera le voyage avec la fréquence Ombre la musique qui fait peur aux enfants
Un parcours musical et politique à travers les voix engagées de la chanson francophone. Des hymnes pionniers du mouvement des femmes aux créations contemporaines, nous explorerons comment les chanteuses et autrices d’ici ont utilisé la musique pour dénoncer, revendiquer, libérer la parole et célébrer nos luttes.
Pascale recevra Patrick Engel ; acteur actif de la chanson, à multiples casquettes.
Chroniqueur jusqu’en 2020 dans « Hexagone » (revue de la chanson) et sur « Nosenchanteurs » (Site sur la chanson).
Et créateur du fonds spécialisé de la chanson (Bibliothèque Valeyre‐75009)
Organisateur et producteur des « Dimanchanteurs » sur la péniche « Le Marcounet » (75004)
Puis « Chansons en liberté »; sélection de chansons…
Notre invité : Jean‐Pierre Montal pour « La peau neuve » (Séguier)
Nous recevrons le contrebassiste Diego Imbert pour son nouvel opus dédié à un sujet hélas d’actualité : la guerre. Nous découvrirons ensemble le pourquoi du comment qui a procédé à sa genèse.
Antoine Ferris est un bassiste et contrebassiste originaire des Hautes‐Pyrénées. Son travail, fortement influencé par les esthétiques pop, électronique et hip‐hop, gravite autour des glitchs et de l’aléatoire, dans les textures comme dans la composition. Nous l’avons rencontré au festival Météo de Mulhouse, où il a présenté son solo Kaaarst. Il sera question du collectif Baraque à free et de ses groupes Totun, Feramia, Megacoaster et H4rdcrushx.
L’École, champ de bataille
Misogynie, homophobie, transphobie
Francis Dupuis Déri (LUX)
Rencontre avec Francis Dupuis Déri
Après Panique à l’université. Rectitude politique, wokes et autres menaces imaginaires, en 2022, Quand les élèves se révoltaient. Manuel d’histoire avant l’effondrement (une bande dessinée réalisée avec Emmanuelle Dufour en 2025), voici le nouvel essai de Francis Dupuis‐Déri se consacrant à l’École, champ de bataille. Misogynie, homophobie, transphobie. Un texte et une recherche « pour mieux cerner l’intensité des attaques antiféministes et antidiversité menées par des adultes contre l’école, mais aussi celles d’élèves à l’école [afin de] comprendre quelles formes prennent ces attaques, qui sont ces adultes et ces jeunes en colère, ce qui les différencie et ce qui les rapproche, retracer leurs références idéologiques, leurs influences sociales et culturelles et leurs motivations, et [enfin] saisir les normes de genre ainsi défendues. »
L’école est‐elle devenue un champ de bataille ? L’enquête de Francis Dupuis‐Déri s’appuie sur des témoignages d’élèves et d’enseignant.es, sur différentes études au Canada, aux États‐Unis et en France qui constate une hausse des propos sexistes, sans toutefois que les élèves en prennent toujours conscience, et une banalisation des gestes hainux dans les milieux scolaires. Un constat qui amène à la question : Comment contrer de telles pratiques et en détourner les effets ?
Octobre à Paris
Film de Jacques Panigel (21 octobre 2026)
Octobre à Paris est un documentaire de Jacques Panijel réalisé en 1962. Témoignage étonnant et dérangeant du massacre de manifestants d’origine algérienne le 17 octobre 1961, massacre perpétré par la police française sous les ordres du préfet de police, Maurice Papon, qui s’était déjà illustré par ailleurs en Algérie « pour maintenir l’ordre », et à Bordeaux sous le régime collaborationniste de Pétain en 1942. Des images sans filtre de la répression féroce et meurtrière d’une manifestation pacifiste contre le couvre‐feu imposé aux Algérien.nes de même que des conditions de vie abominables dans les bidonvilles, notamment autour de Paris.
Octobre à Paris fut interdit de diffusion dès sa création et n’obtiendra son visa d’exploitation qu’en 1973, après une grève de la faim de René Vautier.
À ce propos, le film sera précédé en salle d’un court métrage de René Vautier, LE REMORDS.
Minotaure
Film de Andreï Zviaguintsev (14 octobre 2026)
Le premier plan du film — des arbres morts sur une parcelle flottante — donne en quelque sorte une clé d’entrée dans le monde de Minotaure. Drôle d’automne sur cette étendue d’eau parsemée de joncs agités par un bateau qui passe.
Un chef d’œuvre contre la guerre, ses magouilles et les arrangements avec la dictature.
Le Corset
Film de Louis Clichy (14 octobre 2026)
À travers l’expérience d’un enfant à l’orée de l’adolescence, Louis Clichy rend très bien compte de la réalité sociale paysanne poussée à la rupture avec des traditions ancestrales par nécessité de rentabilité. Un film pour tous et toutes, non étiqueté pour les gosses.
Marie Madeleine
Film de Gessica Généus (21 octobre 2026)
Un film social et politique qui plonge dans la réalité étourdissante de Haiti, entre esprits, magie et religion qui dominent l’environnement, les noms et le langage. Dans une rue, se faisant face un bordel et un temple tenu par un pasteur fanatique dont le but est de fermer ce « lieu de perdition ». S’ensuit plaintes, anathèmes et affrontements. Voilà, le décor est planté.
48ème Festival du cinéma international méditerranéen, CINEMED, de Montpellier
Jusqu’au 24 octobre
Très belle affiche du festival avec la merveilleuse Angela Molina, que l’on a vu récemment dans deux très beaux films : Polvo Seran de Carlos Marquès‐Marcet et Cosmos de Germinal Roaux.
Hier, en ouverture, était projeté le nouveau film de Nanni Moretti, Ça arrivera ce soir, prélude à tout un choix de découvertes cinématographiques et à toutes les formes d’expression, longs et courts métrages, documentaires, animations et cinéma expérimental… en un mot 8 jours dense de cinémas au pluriel qui apporte réflexions, témoignages, engagement, émotions, empathie et plaisir.
CQFD
Octobre avec un dossier sur la justice