Radio Libertaire (non officiel)

Chroniques rebelles

débats, dossiers et rencontres

Dernière émission (28 février 2026)

Sœurs volées
Enquête sur un féminicide au Canada
Emmanuelle Walter (LUX éditeur)
Préface de Christelle Taraud
Entretien avec Emmanuelle Walter

« Quand des femmes meurent par centaines pour l’unique raison qu’elles sont des femmes, et que la violence qui s’exerce contre elles n’est pas seulement le fait de leurs assassins mais aussi d’un système ; lorsque cette violence relève aussi de la négligence gouvernementale, on appelle ça un féminicide.
Contre toute attente, notre Canada épris de consensus social est le lieu d’un féminicide à bas bruit. Les victimes, ce sont les filles et femmes autochtones.
J’ai découvert cette tragédie fin 2011, un an après m’être installée au Québec.
Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes, apprenais‐je, avait été sollicité pour enquêter sur les assassinats et les disparitions des femmes autochtones du Canada. Cette épidémie d’assassinats, c’était une révélation. »

Le sionisme, une invention européenne.
Genèse d’une idéologie
Sonia Dayan‐Herzbrun (LUX éditeur)
Entretien avec Sonia Dayan‐Herzbrun

« On oublie souvent qu’avant le génocide des Juifs d’Europe et la création de l’État d’Israël, la tradition juive, dans ses divers courants, a été très largement diasporique, antinationaliste et donc antisioniste. Elle ne se reconnaissait pas dans l’appel lancé par eodor Herzl à la création d’un État des Juifs ou d’un État moderne pour les Juifs. Herzl faisait sien un projet élaboré dans le monde protestant anglo‐saxon, le précisait et préparait sa mise en œuvre. Avec lui, le messianisme juif laïcisé devenait une idéologie nationale et coloniale. En contrepartie, l’établissement en Orient d’une nation à l’européenne autorisait “l’insertion des Juifs dans l’Occident chrétien”. »
Dans son introduction, Sonia Dayan‐Herzbrun précise qu’elle « n’entend pas seulement retracer l’histoire de ce premier sionisme chrétien qui promettait la fin de la persécution aux Juifs d’Europe à condition qu’ils quittent le continent sur lequel ils étaient nés. Je souhaite également montrer comment le sionisme participe d’une vision du monde qui s’est forgée dans l’Europe du xixe siècle et la perpétue. »