Dernière émission (31 janvier 2026)
Le test de Rungholt et Bobo Love
À peine l’ambulance s’était‐elle garée sur l’aire de déchargement que quelqu’un sauta à terre. Une silhouette râblée, a la mise soignée : Mendoza, un policier affecté à son service. Une imposante paire de moustaches caressait des pommettes accentuées.
Belloc et lui représentaient les deux piliers de la collecte de renseignements que constituait l’enquête préliminaire. Mendoza procédait sur la scène de crime et auprès des proches de la victime. Il répertoriait ses habitudes et déterminait son emploi du temps le jour de sa mort. Dans le cas des Aliens, l’absence de dossier dentaire, de numéro de sécurité sociale, de registres de la mairie ou de ceux de la famille, compliquait la tâche. ils débarquaient à Rungholt incognito, de surcroit sans mode d’emploi. Pour telle espèce il était normal que les enfants dévorent leurs parents sitôt le stade de la puberté atteint, une manière de récupérer du matériel génétique qui ne s’était pas transmis durant la fécondation (« Freud aurait adoré cette espèce ! » s’était exclamé Mendoza en apprenant cette particularité). Telle autre espèce muait par saponification naturelle : la peau devenait semblable à du savon, qui fondait littéralement sous la pluie. Là commençait son rôle à elle : la récolte des informations post mortem grâce à l’autopsie et à l’examen des indices récupérées sur la scène de crime, répertoriés et stockés dans les locaux de la police.
Belloc n’avait jamais caché qu’elle préférait travailler en solo, avec le moins d’interaction possible avec le personnel non forensique.
Elle se tourna vers D’jee’r.
« Monsieur le contrôleur, je vous présente l’inspecteur en chef Mendoza. Nous travaillerons ensemble. En bonne intelligence je n’en doute pas. »
LAURENT GENEFORT‐LE TEST DE RUNGHOLT- ALBIN MICHEL IMAGINAIRE
Et c’est ainsi qu’un flic, Mendoza, et surtout un médecin légiste, Ingrid Belloc, vont travailler ensemble sur des crimes. Mais attention, pas n’importe quels crimes, des crimes liés aux visiteurs aliens, des aliens dont la structure moléculaire n’est pas celle des humains, loin s’en faut. Par exemple, ce qui pourrait s’apparenter à un meurtre selon le modèle humain, n’en est pas forcément un selon le modèle alien !!
La terre pourrait entrer dans le conglomérat de civilisation extra‐terrestres qui a pour nom Mosaïque. La ville européenne Rungholt a été choisie comme « ville test » pour déterminer si nous (humains) sommes dignes d’entrer dans la « Mosaïque ». Or c’est au moment précis ou nous sommes sous période probatoire, et que de nombreux Aliens transitent par Rungholt qu’une série de meurtres d’entités Extra‐Terrestres survient. Le médecin légiste, Ingrid Belloc ainsi que l’inspecteur Mendoza vont devoir résoudre ces crimes.
Tout cela pour prouver qu’on n’est pas des sauvages, quoi ! Qu’on peut bien faire partie des civilisations supérieures. Car beaucoup voient dans la Mosaïque une transcendance dépourvue de surnaturel, ou en tout cas porteuse d’une direction : celle de rassembler tout ce que la vie biologique avait à offrir en matière de pensée. L’univers devait être observé sous tous les angles possibles, et la Mosaïque se voulait le meilleur outil pour cela.
Laurent Genefort vient nous parler de ce polar futuriste par certains aspects mais dont on peut soutenir l’analogie avec notre monde actuel.
En seconde partie d’émission, on retrouvera BOBO LOVE qui nous parlera du roman LE CHAMP DES MEDUSES, un polar publié par Agullo Éditions (l’éditeur que fête ses dix ans d’existence) et que l’on doit à un auteur serbe, Oto Oltvanji.
Et voici le résumé :
Belgrade, années 2020. Le Sceptique, ancien journaliste devenu détective privé, se voit confier une affaire singulière par Aleš, un vieil ami slovène de l’armée populaire yougoslave : retrouver Marijana, son épouse disparue dix ans plus tôt.
Cette enquête, loin d’être ordinaire, l’entraîne dans un labyrinthe d’intrigues, de passions et de mensonges. De Belgrade aux rivages de Rovinj, le « petit Saint‐Tropez » croate, le détective exhume le passé trouble d’une élite corrompue et dépravée, soudée par le drame de la disparition de Bisera, la mère de Marijana, survenue trente ans auparavant.
L’enquête du Sceptique lèvera le voile sur les zones d’ombre de l’ex‐Yougoslavie, entre jeux de pouvoir, secrets familiaux et crimes non résolus.
Oto Oltvanji signe un polar moderne, où un drame intime rejoint l’Histoire collective, et où les fantômes du passé hantent encore la Serbie contemporaine…
Le roman commence dans la tradition chandlerienne, puis… mais chuuut, la chronique de Bobo Love est à suivre en direct.