Dernière émission (24 janvier 2026)
14 juillet en janvier avec Benjamin Dierstein
Des rires venant du jardin les interrompirent. Mitterrand et la jeune femme qu’il avait rejointe au bar se dirigeaient vers la mare aux canards, bras dessus, bras dessous.
Didier Cheron grogna en la reconnaissant. Jean‐Claude pouffa.
— Ne me dis pas que c’est la fille du parti avec qui je t’ai vu le week‐end dernier ?
Cheron acquiesça.
— Je l’ai rencontrée à un pot, et après elle m’a invité chez elle. Une fois au lit, elle a reçu un coup de fil et m’a immédiatement mis à la porte. Quand je suis sorti, j’ai vu un type qui attendait dans un taxi. C’était Mitterrand.
Jacquie se marra
— Il t’a vu ?
— Non, mais c’était moins une. J’ai dû me planquer derrière une bagnole.
Jean‐Claude tira une dernière taffe et envoya valser sa cigarette d’une pichenette.
— Mitterrand adore les femmes du parti.
Cheron enchaîna.
— Il a l’habitude de placer ses conquêtes au sein du P.S.. C’est sa façon de les remercier.
Jean‐Claude embraya.
— Il s’en tape parfois jusqu’à trois le même soir.
Cheron se racla la gorge.
— Il paraît qu’en ce moment il fourre madame Soleil.
Jean‐Claude afficha un air curieux.
— Est‐ce qu’elle lui fait les cartes ?
Cheron se gratta le menton.
— Si c’est le cas, je suis d’avis de lui coller un calibre sous la gorge et de l’obliger à prédire à Mitterrand qu’il va se faire assassiner s’il laisse passer la loi sur les écoutes.
14 JUILLET‐BENJAMIN DIERSTEIN‐FLAMMARION
Benjamin Dierstein conclut sa trilogie chez Flammarion.
Après BLEUS, BLANCS, ROUGES puis L’ETENDARD SANGLANT EST LEVE, on retrouve son héroïne, l’inspectrice Jacquie Lienard, toujours au cœur des pouvoirs, des polices, des magouilles et des histoires de fesses dans un dernier feu d’artifice concluant : 14 JUILLET.
Dans ce dernier volet, Jacqueline Lienard n’est plus la « lèche‐bottes » de ses débuts, et son meilleur ennemi, l’inspecteur Marco Paolini n’est plus « Pasolini ». Ils restent cependant deux ambitieux dont la route s’arrêtera dans le grand nulle part.
On retrouvera également les deux autres protagonistes importants des deux premiers tomes de la trilogie, Jean‐Louis Gourvennec, ex‐flic infiltré chez les autonomes et qui en devient un et le mercenaire devenu roi des nuits parisiennes grâce au clan Zemour (et accessoirement aux pouvoirs giscardien puis mitterrandien) Robert Vauthier.
En disciple d’Ellroy, Dierstein balance ses personnages fictifs, et pourtant aux accents bien réels, au milieu de personnages bien connu et au cœur des affaires ultra médiatisés des « années Mitterrand » (après avoir réglé son compte à Giscard).
Et ce qui est réjouissant, c’est que nul n’échappe au massacre !
OUF !