Dernière émission (14 février 2026)
David Hurry Beyrouth Paradise & Marc Villard Continuons le debut
Les filles de Joe Shapiro lui donnent un peu mauvaise concience, elles aussi. Que se passe‐t‐il donc dans leur pays natal pour qu’elles en soient réduites à venir gagner leur croute au Liban en vendant leur corps ? Au‐dessus de sa tête, la lumière vermeille de l’enseigne du Paradise continue son manège. La route côtière ressemble à une triste guirlande de Noël où seules quelques ampoules en état de marche offrent un peu de couleur. Le regard en l’air il compte les petites caméras noires, à peine plus grosses qu’un paquet de cigarettes ; Joe doit être en train de le surveiller par écran interposé. Marwan lève la main et fait un petit signe, comme pour dire au revoir.
Ça ne sert à rien de moisir ici, de toute façon. Il est tard, et il a de plus en plus besoin de ses huit heures de sommeil, Marwan. Faut rentrer à Beyrouth maintenant. Et aller se coucher, il fera jour demain. Il longe le mur extérieur du club, traverse un bout de terrain vague vers le Pullman blanc et son Alfetta adorée. À mi‐chemin, il dépasse un cabanon dont s’échappent une épaisse fumée noire et un son qu’il ne connait que trop bien. Celui d’un groupe électrogène. Quand dans son dos, une voix le fait sursauter.
— Eh, toi là‐bas !
DAVID HURRY‐BEYROUTH PARADISE‐LIANA LEVI
David Hurry, qui était venu nous parler de Beyrouth Forever il y a peu, remet en scène et en selle son personnage Marwan Khalil, devenu détective privé car sa retraite de flic ne lui permet pas de survivre dans un Liban en pleine déliquescence.
BEYROUTH PARADISE est le nom d’un night‐club de la capitale, et aussi le titre de ce roman publié par Liana Levi.
Rodrigo Soler arrive au dernier moment à la gare du Nord et saute dans son train, direction Bruxelles‐Midi. Soler est spécialisé dans la résolution définitive des problèmes de ses concitoyens. Il évacue les problèmes en question à l’aide d’un Glock 34 de fabrication autrichienne. Mais Soler n’est pas un tueur de renom, il récupère des contrats foireux que certains négligent. Aujourd’hui par exemple. Ce contrat a été revendu deux fois avant d’atterrir sur sa table. Un collègue lui indiquera en gare du Midi la cible à abattre puis il doit évacuer le terrain, travail terminé, à 17h15 par le train qui le conduira à Ostende. Si ça foire, pas de plan B. voilà le quotidien des tueurs au rabais. Avec le contenu de l’enveloppe, Soler pense pouvoir changer le tapis de sa chambre. Il a noté un modèle très chatoyant chez Habitat. il aimerait bien refaire aussi la peinture de la cuisine mais c’est ça ou avaler des pâtes pendant un mois. Que dire de plus ?
MARC VILLARD‐CONTINUONS LE DEBUT‐SERIE NOIRE GALLIMARD
Saluons le retour du grand styliste MARC VILLARD avec ce recueil de nouvelles qui nous régale, forcément, régal !