Émission du 30 mai 2026
Toussaint Noel avec et de Jean‐Marc Royon
Debout, accoudé au toit de la voiture banalisée, une parodie de flic en civil‐cuir d’aviateur, jean, Ray‐Ban, chewing‐gum- était au téléphone, à priori en train de décrire ce qu’il voyait autour de lui à son interlocuteur. Après quelques hésitations, je me décidai finalement à sortir sur le perron. Il m’aperçut aussitôt et se mit à me faire signe du revers de la main de retourner d’où je venais, de la façon qu’on a plutôt l’habitude de chasser un clodo. Je retournai donc chercher ma carte tricolore, et ressortis pour descendre le perron jusqu’à lui. Mon approche lui fit mettre fin à sa conversation, avec un déplaisir qu’il avait très ostensiblement très envie de me faire partager. Pendant quelques secondes, j’ai revu Kléber, et cet air détaché et méprisant qu’il adoptait systématiquement face aux personnes ou aux évènements qu’il découvrait pour la première fois.
JM ROYON‐TOUSSAINT NOEL‐DENOEL/SUEURS FROIDES
Nous n’avions plus revu Jean‐Marc Royon depuis qu’il était venu nous parler de son fameux Joblard, c’était en 2021, déjà !!
Le voici donc de retour dans les studios de RL, avec un roman noir comme on ne peut que les aimer !
Pour reprendre l’inoubliable réplique de Teddy Lewis dans La fièvre au Corps, le néo‐noir fort sous‐estimé de Lawrence Kasdan sorti en 1981 : « À chaque fois que tu tentes un acte criminel, il y a au minimum cinquante façons de le louper. Et si t’arrives à en prévoir vingt‐cinq, alors t’es un génie. Et toi t’es pas un génie. » C’est très juste, et pourtant l’histoire du roman policier est jonchée de criminels, morts ou incarcérés pour la plupart, qui ont tous tenté le presque impossible : commettre le crime parfait. Parmi eux, beaucoup ont choisi le crime ultime, à savoir le meurtre. Ce qui suit est une sélection des meurtres les plus intelligents, les plus ingénieux, les plus infaillibles (si tant est qu’il y en eût) dans l’histoire du roman policier.
C’est la suite de ce passage, extrait du chapitre 2 du roman de PETER SWANSON, HUIT CRIMES PARFAITS/EIGHT PERFECT MURDERS traduit de l’américain par CHRISTOPHE CUQ (éd. GALMEISTER) que nous lira LE PETIT NICOLAS en seconde partie d’émission.