Radio Libertaire (non officiel)

Les amis d’Orwell

émission contre les techniques de surveillance et les systèmes de contrôle des individus

Émission du 18 septembre 2026

Affaire du 8/12 : justice d’exception, procès d’intention

La justice antiterroriste s’est encore illustrée le 10 septembre lorsque la Cour d’appel de Paris a rendu son délibéré dans le procès d’appel de mai 2026 qui jugeait 6 personnes dans l’affaire dite du 8 décembre. Elle éclate il y a six ans : 9 personnes sont interpellées dans plusieurs lieux par la D.G.S.I. et leurs troupes d’élite, placées en garde à vue pendant 96 h dans les locaux du renseignement intérieur à Levallois‐Perret, 7 seront déférées devant des juges d’instruction pour répondre d’association de malfaiteurs à caractère terroriste (A.M.T.). Cinq seront alors immédiatement placées en détention provisoire (qui dureront de 5 à 16 mois), et deux autres soumis à un contrôle judiciaire très serré. La personne visée au plus haut point, Florian, sera placée à l’isolement, un régime carcéral punitif, qui se terminera au bout de 16 mois alors qu’il avait débuté une grève de la faim. Quelques années plus tôt, il était allé au Rojava rejoindre les troupes kurdes combattant les forces djiadistes. À son retour en France, la D.G.S.I. va le surveiller comme un suspect et élargir l’inquisition à six autres personnes qui avaient eu l’occasion de le croiser. Ce « groupe » est ainsi désigné alors que tous ses membres ne se connaissaient pas directement…

Le principal enseignement de cette affaire, c’est que deux tribunaux ont donc condamné des personnes pour A.M.T., sans qu’aucun début de projet n’ait été démontré, sans but ni cible, confirmant le caractère uniquement « intentionnel » des instructions pour « terrorisme ». L’état actuel du droit français se sert de l’antiterro pour instruire des procès politiques.

Le premier procès en correctionnelle s’est déroulé en octobre 2023. Sur les 7, un seul échappera à la prison ferme (2 ans avec sursis), les autres seront condamné‐es entre 1 an ferme (et 2 ans de sursis) et 5 ans ferme (avec 3 de sursis). La Cour d’appel remettra le couvert en mai 2026 pour 6 d’entre‐eux, et les peines seront toutes confirmées à quelques détails près… Les peines infligées, en général, ont été calculées pour couvrir leurs détention provisoire. Le seul élément divergeant en appel, c’est la contrainte du FIJAIT : le fichier des auteurs d’infractions terroristes, qu’ils et elles ont tou‐tes subi depuis le premier procès, est tombé pour 5 d’entre‐eux, sauf pour le soi‐disant « leader » de ce groupe, qui devra encore y être contraint pendant 10 ans (mesure renouvelable ad vitam…). Autre punition classique que devaient respecter les prévenu‐es dans le cadre de leur contrôle judiciaire : l’interdiction de rentrer en contact. Cette mesure scélérate ne sera levée que le 10 septembre dernier par la cour d’appel.

Deux invités pour en parler : Svink, l’un des 7 prévenus de cette affaire, qui était à l’époque artificier de métier (ce qui donnera aux enquêteurs la conviction d’être tombé sur une cellule clandestine préparant des attentats à l’explosif…). Et Max, l’un de leurs soutiens, qui a assisté à quasi toutes les audiences de ce procès en 2 actes. Nous aurons également l’occasion d’entendre Bastien, un autre inculpé, qui s’est exprimé dans l’émission Tapage de Canal Sud à Toulouse, animée par l’équipe de la Sellette (diffusion novembre 2025).