Radio Libertaire (non officiel)

Chroniques rebelles

débats, dossiers et rencontres

Émission du 20 juin 2026

Seuls les rebelles
Film de Danielle Arbid (24 juin 2026)
Entretien avec Danielle Arbid
À Beyrouth, un soir, Suzanne (extraordinaire Hiam Abbass), sexagénaire libanaise palestinienne, prend la défense d’Osmane, un jeune Soudanais sans papiers pris dans une rixe. Suzanne a le double de l’âge de Osmane, mais l’amour naît entre eux deux… Un amour hors normes dans Beyrouth déchiré. Autour d’eux, à la télévision, c’est un flot continu de nouvelles terrifiantes, le Liban vit des heures sombres. Si leur amour provoque sidération ou même haine, Suzanne et Osmane résistent et revendiquent leur amour, comme un acte de résistance.

Les Caprices de l’enfant roi
Film de Michel Leclerc (24 juin 2026)
Un film de cape et d’épée mixé avec du théâtre et les débuts de la troupe de Madeleine Béjart Molière, tout cela mené par un Cyrano de Bergerac toujours aussi bagarreur, loyal, susceptible et tendre, n’attendant rien de ses passions amoureuses. En bonus, un d’Artagnan vieillissant, quelque peu vantard et reposant sur ses exploits de jadis… Côté femmes, Madeleine Béjart, la véritable meneuse de troupe, respectant la démocratie au sein de celle‐ci et déjà en proie aux affres de la passion vis‐à‐vis de Molière, séduisant et un tant soit peu opportuniste…

Maspalomas
Film de Aitoe Arregui et Jose Mari Goenaga (24 juin 2026)
Sous le soleil brûlant des îles Canaries, à Maspalomas, Vicente est sans contrainte, après son divorce 25 ans auparavant, il est libre de ne plus cacher son homosexualité depuis sa dépénalisation en 1978. En tant que gay, il s’éclate dans les boîtes de Maspalomas, comme pour rattraper des sensations qu’il devait dissimuler durant la première partie de sa vie, lorsqu’il était marié. Sur l’île de Maspalomas existe une communauté LGBTQi+, des jeunes comme des personnes âgées, libérées après de longues années d’injonctions sociales et de mensonges. Mais au cours d’échanges sexuels consentis, Vincente perd soudainement conscience et le voilà hospitalisé dans sa région, puis transféré dans une maison de repos où ayant perdu son autonomie, il est soumis a des séances pour récupérer ses facultés.

Souvenirs d’une exilée espagnole 1936‐1975
Maria Sesé Sarvisé (LUX)
Quoi de plus bouleversant que le témoignage de cette femme, décédée à 99 ans, entourée de sa famille, qui a gardé des souvenirs aussi clairs de sa vie dans le tumulte des événements. L’évocation de son enfance en Aragon, la révolution, puis la guerre civile, les bombardements, les fusillés en masse, la Retirada de 1939, l’accueil en France et les camps… l’exil après avoir tout perdu, ses trois fils, sa maison, ses ami.es, son village… « Ce fut une blessure profonde, jamais cicatrisée, mais aussi de merveilleux souvenirs vécus et à raconter. »
Traduit de l’espagnol par Lauro del Prado, ce texte est un récit de première main sur la guerre d’Espagne et la révolution de 1936. Comme l’écrit Ariane Miéville dans sa présentation, il s’agit d’un « regard d’« en bas », presque naïf, celui de l’adolescente qu’elle était à cette époque. María raconte les souvenirs qui sont restés gravés dans sa mémoire. Elle a accepté de [livrer ses souvenirs] à la demande [du traducteur qui était] le fils de son amie d’enfance Felicidad.