Radio Libertaire

Trous noirs

Enregistrements

26 octobre

En soutien au militant berbère laïque Yacine Mebarki, engagé dans le Hirak (« mouvement »), condamné le 8 octobre à 10 ans de prison pour incitation à l’athéisme et offense à l’Islam, nous rediffusons un entretien avec Mohamed et René Berthier, « regard sur le passé pour mieux comprendre le présent » : « Pour s’imposer, les États se sont alliés aux prêtres, porteurs des diverses religions monothéistes, gages d’obéissance et de soumission. Les incroyants et les athées ont subi une répression souvent sanglante, symbolisée par l’Inquisition de l’Église catholique romaine. En ce qui concerne l’islam (mot qui signifie soumission [à Dieu]) un regard sur le passé nous aide à mieux comprendre l’actualité. Mohamed et René abordent avec nous : l’histoire des résistances à l’islamisation dès les débuts de cette religion, la situation actuelle des libres penseurs et des athées dans le monde musulman, les évolutions actuelles de l’islam, l’importance de débattre de ces questions à partir de connaissances réelles et non d’anathèmes ou d’interdits. »

19 octobre

À la fin du XIXème siècle, la « Belle époque » espère faire oublier le massacre des Communards et se tourner vers un avenir radieux porté par les progrès économiques et techniques, la science devant permettre de répondre à tous les problèmes de l’humanité. Cet optimisme va se fracasser sur la boucherie de la première Guerre mondiale.

Sur cette période, le Musée des Beaux-Arts de Caen présente une très belle exposition Art, travail, révolte 1870–1914. Les œuvres de nombreux artistes apportent leurs visions, sombres ou éclatantes, sur les bouleversements pour les villes et les humains d’un tel développement industriel : faubourgs, quais, ouvriers et ouvrières rentrant ou s’échappant de l’usine, travail qui transforme le paysage urbain, mais aussi les corps. La question sociale s’invite dans des tableaux illustrant la force collective qui se dégage de scènes de chantiers, de docks, et se concrétise pendant les périodes de « travail suspendu » : manifestations, grèves, constitution de syndicats, répression étatique. Dans ce domaine, plusieurs artistes ont contribué par leurs illustrations à des journaux tels que Les Temps nouveaux, La bataille syndicaliste, L’Assiette au beurre, en ces débuts du XXème siècle où s’éveillent les espoirs en « une révolution qui couve et ne se déclenche jamais ».

Nicolas Éprendre, auteur dans le très beau catalogue d’un texte sur le peintre havrais Gaston Prunier, anime les échanges avec Emmanuelle Delapierre, directrice du musée et Bernard Tillier, historien de l’art et conseiller pour cette exposition, à voir jusqu’au 22 novembre.

5 octobreVigo, dit Almereyda

Vigo, dit Almereyda

Révolutionnaire et dandy, Vigo dit Almereyda est la biographie d’un militant révolutionnaire et journaliste, dont enfance et adolescence traversent les dix-sept dernières années du 19ème siècle, une même période le conduisant à la mort en prison en 1917.

Pour une peccadille, il est enfermé à 17 ans à la Petite Roquette, véritable « enfer des gosses », et rêve de se venger de « ce monde où on broie l’enfance ». Son école sera l’université populaire du Faubourg Saint-Antoine, et sa formation militante, les anarchistes individualistes du Libertaire, dans lequel il écrit dès janvier 1901.

Il vit intensément les premières années du 20ème siècle, pendant lesquelles l’espoir révolutionnaire se lève sur fond de grèves et d’émeutes. La répression étatique n’en est que plus féroce, et sa participation active aux manifestations, ses responsabilités dans divers journaux, lui valent plusieurs séjours en prison, d’autant qu’il participe à l’Association internationale antimilitariste des travailleurs, qui appelle les conscrits à l’insubordination.

Après avoir rêvé d’une irréalisable « concentration révolutionnaire » regroupant communistes libertaires, syndicalistes et socialistes insurrectionnels, synthèse impossible entre blanquisme et anarchisme, divers reniements vers le réformisme le conduisent à finir sa vie en « dandy tragique ».

28 septembreLaboratoire écologique zéro déchet

Laboratoire écologique zéro déchet

Les ruines du capitalisme permettent encore l’éclosion de la vie : une phrase qui figure dans le livre Viv(r)e la friche – Enquête photographique sur une expérience d’écologie sociale en banlieue parisienne dont l’auteur, Igor Babou, a accompagné depuis 2 ans l’aventure du « Laboratoire écologique zéro déchet » (LéØ) dans des friches urbaines squattées du « 93 ».

La population ouvrière du quartier, souvent issue de l’immigration, est accueillie dans un vaste espace, comportant notamment une « gratuiterie » où chacun dépose ou récupère objets et vêtements, une cantine bio à prix libre, un atelier d’autoréparation équipé de nombreux outils. Ce lieu de vie et d’expérimentation sociale, ancré dans le quotidien, permet de favoriser le lien social et pratiquer la solidarité, ce qui dérange politiciens et institutions, qui préfèrent une population soumise s’en remettant à l’État : le LéØ a ainsi dû déménager 2 fois suite aux expulsions.

Pour nous parler de cette expérience : Igor Babou et une des fondatrices du LéØ, Amélie Monnereau : « Reprenons notre vie, notre ville, notre pays en main, vivons ensemble et n’attendons pas que ça vienne d’ailleurs ».

21 septembreCe monde qui n’est plus le nôtre

Ce monde qui n’est plus le nôtre

Dans ce texte, paru sur le site Sciences critiques, l’écrivain et essayiste Philippe Godard affirme que la qualité fondamentale de l’humanité est l’aspiration à sa propre émancipation. Aujourd’hui, si les conquêtes de la science semblent permettre de transformer le monde, c’est en grande partie au service des États et des entreprises. Armes de plus en plus « efficaces », centrales nucléaires, O.G.M., manipulations génétiques des plantes et des animaux (bientôt des humains ?), etc. donnent un drôle de visage au « progrès ».

Philippe Godard nous interroge notamment sur le « mythe de l’unité de la science », sur le lien entre « science, pouvoir et nocivité », sur ce qu’est devenue la recherche scientifique. Pour « reprendre le pouvoir sur ce monde-ci », la réponse à ces questions doit s’accompagner d’un « processus politique, culturel, social et économique ».

16 septembre (rediffusion)
14 septembre
7 septembre
31 août
24 août
17 août
10 août
3 août
27 juillet
20 juillet
6 juillet
22 juin
15 juin
8 juin
1er juin
25 mai
18 mai